[...]Je me sentais légèrement secouée. J'étais en mouvement, sans pour autant bouger réellement. J'ouvrai les yeux, et m'aperçus que j'étais allongée sur la banquette arrière de la petite 206 grise. A travers la vitre en face de moi, les arbres défilaient. Tout s'expliquait. Je me sentais bercée, car la voiture roulait.
Je penchais doucement la tête vers l'arrière, et regardait Thomas. Il était accoudé à la portière, les yeux fermés, sa main gauche soutenant son doux visage. Il ne dormait pas. Même si ses paupières étaient closes, il caressait mon bras droit avec son pouce. Je rougissais et j'eus un frisson. Il leva les yeux sur moi.
-Si tu veux que j'arrête, dis le hein ?
-Oui, mais...ça ...Ça ne ...ne me dérange pas... bégayais je.
-J'avoue que je n'avais pas envie d'arrêter. Rigola t'il.
A présent, il passait le dos de sa main sur ma joue. J'étais bien, allongée sur la banquette, la tête sur ses genoux. Mais le soir de son départ, je m'étais juré de ne pas lui dire.
-Hey les tourtereaux.- ce simple mot me fit rougir- on est arrivés chez vous !
-On a vu, Axel. Soupirait Thomas
Mon ami sortait de la voiture et m'aidait à me relever. Il me ramena chez moi et frappa à la porte. Ma mère ouvrit, surprise.
-Thomas ? Tu ne devais pas revenir dans deux mois ?
-Si, mais il y a eu un malentendu. Rigola t'il. C'était deux semaines, en fait. Je suis désolé madame, mais, mes parents m'attendent.
Ma mère acquiesça à cette réponse, mais, comme si elle avait eu une illumination, elle posa son doigt sur sa lèvre inférieure, et avoua que les parents de notre voisin étaient partis, pensant que ce dernier ne rentrerait qu'après deux mois. Il porta sa main devant ses yeux, soupira et haussa les épaules.
-Ils n'ont pas laissés de clés, c'est ça ?
Elle hochait la tête, réponse positive, et lui proposait la chambre d'amis que nous avions.
A ce moment, la voiture redémarrait, et Axel fit signe de la main à Thomas, signe bizarre qui fut rendus d'ailleurs.
Il reposait ces beaux yeux sur ma mère, et acceptait l'offre. Je l'aidais à monter ses valises à l'étage.
Je tremblais. La chambre d'amis était juste à coté de la mienne... résisterais-je à mes sentiments profonds, sincères envers lui ? Résisterais-je à l'envie de voir son visage endormi ?
Pendant qu'il prenait sa douche, je changeais les draps de son lit, des milliers d'idées malsaines en tête, que je tentais en vain, d'ôter de mes pensées. Je me remis à pleurer, je ne devais pas penser ainsi. C'était mal, idiot, égoïste... Je m'écroulais sur le sol. Bras croisés sur les genoux, tête pausée sur mes mains, je tentais de dissimuler mes larmes, tandis que thomas revenait.
-Olivia...chuchota t-il.
Il me prit dans ses bras, et, du bout des doigts, essuya quelques gouttes coulant le long de mes joues. Je respirais profondément son odeur. Elle avait changée. Elle était plus sucrée, pas désagréable pour autant. Je ne voulais pas le lâcher, mais il m'obligeait à aller me coucher. Même si j'avais dormis dans la voiture, j'étais fatiguée.
J'entrais dans mon lit, remontais la couverture sur mes épaules, roulais sur le flanc gauche, et m'endormis vite, très vite.
Durant la nuit, quelque chose me chatouilla le visage. C'était Thomas qui caressait mes joues. Lorsque j'ouvris les yeux, il se pencha sur moi, plongea son regard dans le mien, et m'embrassa
Le lendemain, je me sentais bien. J'avais fait un beau rêve. En était-ce seulement un ? Je l'espérais. Si c'était la réalité, je ne devais pas recommencer....[...]